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La pouilleuse, Clémentine Beauvais, édition Sarbacane avec le soutien d’Amnesty international.

Dès le tout début du livre, on sent une tension qui ne présage en rien un roman léger et anodin.

Nous sommes dans les beaux quartiers de la capitale, non loin du Lycée Victor Duruy. Cinq jeunes traînent leur ennui. Marguerite est absente à cause d’une grève. Mathieu, lui n’est plus là.  Il y a donc, David, Elise, Anne-Laure, Florian et Gonzagues. Ils décident de sécher les cours et finalement passer la journée chez Gonzagues. Sur le chemin, ils rencontrent une petite fille. C’est alors que Florian aperçoit un pou dans la chevelure nattée de l’enfant.  Il décide de la kidnapper. Les autres laissent faire.

Alors, commence  une journée atroce pour l’enfant. Elikya a six ans. Après les violences verbales, les violences physique. Pendant la lente mise à mal, le lecteur dans l’effroi poursuit sa lecture. C’est que Clémentine Beauvais ne lâche pas prise et va jusqu’au bout de l’horreur dans un style glacé magistralement soutenu.

Un roman qui ne manque pas d’interroger : comment cette indifférence à l’autre ? Comment peut-on devenir ces  êtres froids sans affect, tortionnaires ? De quelles amertumes, frustrations,  cela peut-il advenir ? Quels fondements à cela ?

David et Elise n’adhèrent pas totalement mais laissent faire. Cela pose, aussi, une énigme. Rester soudés parce ce que du même groupe ? C’est terrible.

C’est par la voix de David que nous assistons à cette sombre journée. David en prison, comme les autres.

Un polar noir, très noir. Un récit qui devrait mener loin le lecteur dans son regard du fait divers jamais fortuit, jamais innocent.

A recommander pour tous dès 14 ans

Niurka Règle