Parolimage DaDo, lectures pour Adolescents

02 juillet 2016

Les lucioles

 

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Les lucioles, Jan Thirion - Lajoinie Junior

Tout au début, Tyrone Bradoux se présente. Une petite ville, une familles heureuse, le chien Biscoto, et puis lui. Heureux mais deventu sourd et muet lorsque sa maman est « partie ». il nous dit avoir été électrochoqué.  Mais il aime sa famille y compris la nouvelle femme de son père. D’ailleurs il habite rue Sans peine à Lanormale-les-ponts.

Si le jeune narrateur se sent heureux, il souffre de carences émotionnelles, d’après le psychologue. et si Tyrone reçoit beaucoup d’affection il ne veut ni parler, ni entendre et a cessé de grandir. Il a 13 ans et en paraît 7. Il est en CP.

Un jour, Les Lucioles organisent une kermesse. Les lucioles aident les gens en difficulté, se montrent toujours charitables. Ils sont vêtus de noir et de blanc et la kermesse arbore ces couleurs .

Puis, ce mouvement se transforme en parti politique. Les choses se gâtent. Une dictature féroce s’installe séparant les familles, expulsant les habitants indésirables, les pauvres, les malades, les vieux, les étrangers. La musique, le théâtre, la danse, le cinéma sont interdits. Les médiathèques subissent des purges où tous les livres d’auteurs étrangers sont voués à être brûlés en place publique. Enfin, on sépare les familles, les pères d’avec les les mères, les femmes d’avec les hommes, les enfants des parents. Situation terrible. Le pire, c’est que le frère et la soeur de Tyrone, Edgar et Saskia ont été embrigadés et sont devenus des propagandistes convaincus et dévouésdu parti des noirs et blancs.

La situation est désespérée, lorsqu’un jour, au-dessus du camp 27, où Tyrone et sont père étaient prisonniers, apparaît une armada d’avions (on apprendra plus tard qu’il s’agissait d’avions de l’ONU). Le dictateur est arrêté. Peu à peu tout rentre dans l’ordre en laissant des traces profondes mais le joie de retrouver une vie paisible est un réel bonheur.

Ce qui fait la force de ce roman c’est l’art de Jan Thirion de mener le propos jusqu’à son point extrême. La progression dans le drame qui va se nouer est menée de manière à garder un certain suspens qui stimule la lecture de ce récit écrit de manière sobre et sensible. La noirceur du monde implacable n’offre, ici,  aucun espoir malgré les premières illusions. Quoique fictionnel, le roman décrit avec force comment par la séduction et la manipulation  une dictature peut s'installe et évoluer vers le pire des mondes. Le monologue intense du jeunes garçon est poignant de lucidité, de vie et de courage. La force de l'amour qui llie les êtres est un rampart contre la pire des violences et c'est l'espoir qui donne la force et la volonté pour surmonter l'abominable.

Un roman initiatique qui fera réfléchir et qui ouvrira au débat.

A recommander dès 12 ans

 

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13 mai 2016

L’empire des auras

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L’empire des auras Nadia Coste – Seuil

Nous sommes en 2050. La société est scindée en deux groupes : les bleus ont la confiance des autorités et bénéficient de nombre de privilèges ; les rouges, les exclus, considérés comme dangereux.

Le père de Chloé est au chômage, aussi elle ne peut fréquenter le lycée qui ne scolarise que les bleus. Elle va donc fréquenter un lycée mixte. Le choc est brutal. Elle a peur, elle craint son aura bleu dans la promiscuité avec les auras rouges. Cependant, peu à peu, elle s’intègre et découvre avec étonnement que les rouges sont comme les bleus, certains bons, certains mauvais.

La famille de Chloé porte une aversion revendiquée de tout ce qui est rouge, et, lorsque l’aura de Cholé se teinte graduellement de rouge, Chloé sait qu’elle va basculer. A ce moment, elle doit prendre position, d’autant que ses parents la rejettent.

Le récit débute par une description graduelle de la société, avec ses poncifs, ses dérives, ses frictions et les interrogations douloureuses sur son propre statut et celui des autres. Les relations adolescentes, amitiés, premiers émois amoureux et pour Chloé premiers mensonges  vis à vis des parents ? Mais d’autres questions sont abordées dont les dérives médicales et alors nous plongeons dans le risque effrayant du détournement biologique et cérébral de l’humain.

Du roman psychologique au roman de science fiction, l’auteure imbrique de manière forte le double aspect de ce récit magistralement mené et qui nous n’en doutons pas sera objet de débats.

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12 avril 2016

Ce qu’on a trouvé dans le canapé, et comment on a sauvé le monde

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Ce qu’on a trouvé dans le canapé, et comment on a sauvé le monde, Henry Clark – Les grandes personnes


Tout commence, un matin, à l’arrêt du bus où trois ados se rendent au collège. Mais, ce jour-là, un objet imprévu trône près de l’arrêt, un canapé un peu usé. River, Freak et Fiona s’y installent. Entre les coussins, ils découvrent un crayon vert-.courgette. Dès le soir, les trois amis vont découvrir stupéfaits que ce crayon a une valeur inestimable. Par honnêteté, ils veulent le rendre à son propriétaire, un certain Alf, homme mystérieux qui habite un vieux manoir quasi désaffecté, non loin de l’arrêt du bus. L’homme acceptera l’aide des trois amis afin de déjouer le plan machiavélique de  Edward Disin qui vise à dominer  la Terre et ses habitants pour l’annexer à la planète Indorsia.

Evidemment, l’ennemi est puissant et même super puissant. Mais, le courage, l’intelligence des jeunes adolescents, aidés par des objets qui vivent de manière autonome va aboutir à la perte du cerveau qui mène son combat pervers. L’intelligence artificielle Guernica, pas toujours fiable, leur sera une aide précieuse.

L’aventure est menée de manière trépidante. L’alliance des amis contre des forces violentes mais peu intelligentes, est risquée mais efficace. Ils peuvent compter sur Alf, le subtil habitant du vieux manoir.

Bien écrit, enlevé, inventif, le récit se déploie avec humour en ménageant des rebondissements très cinétiques.

Le plaisir du livre réside aussi dans le portrait des trois ados qui souvent s’opposent mais qui restent solidaires pour affronter une guerre sans merci.

A recommander pour tous à partir de 13 ans

04 février 2016

Ce que j’ai oublié de te dire,

 

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Ce que j’ai oublié de te dire, Joyce carol Oates  - Witz Albin Michel

Un roman déroutant par sa structure. Pourtant, Joyce Carol Oates nous happé dans ce récit et nous entraine sur les chemins tourmentés de trois adolescentes et de leurs amis.

L’histoire se déroule dans le New Jersey au sein des familles respectives mais surtout au sein  lycée de Quaker Heights. Cette institution rassemble des jeunes de la bonne société qui auraient pu vivre une adolescence tranquille entre études, loisirs, shoppings et petits flirts. Mais les choses ne sont pas si simples. Tink une jeune fille rebelle et fascinante s’est suicidée. Enfant elle avait eu son heure de gloire en tant que jeune comédienne dans une série télévisée à succès. Son caractère impétueux, révolté laisse aussi planer un mystère. La bande de « Tink & Co » reste soudée dans la mémoire de Tink qui les a toutes marquées.

Il y a d’abord Merissa, belle intelligente à qui tout réussit. Pourtant une blessure intime fait qu’elle se scarifie et le suicide de Tink, ne fait qu’amplifier son mal être Il y a Nadia si peu sûre d’elle qui souffre de sa corpulence et qui rêve d’un amour véritable. Il y a les autres, filles et garçons, parfois cruels.. Il y a le monde des adultes, les familles composées, décomposées, recomposées et les secrets de famille.

L’institution scolaire joue de pressions morales mettant en avant les gagnants, très avide du prestige de l’établissement….

En ce qui concerne le style narratif, on pourrait penser à un style relâché mais l’art de Joyce Carol Oates est de coller avec une subtilité magistrale étonnante aux tourments  de ces adolescente qui vont passer de l’adolescence à l’âge adulte en vivant pleinement le amitiés fortes qu’elles ont nouées et surmonter, non sans douleur les doutes et les incertitudes de la vie.

Un beau roman, nerveux et vibrant.

20 décembre 2015

Après la peine

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Après la peine, Ahmer Kalouaz – Rouergue DoADo

La famille se Ludovic est une famille sans histoire et même une famille soudée et aimante. Seulement, voilà, un jour la police frappe à la porte et le père est incarcéré pour malversation. Il restera en prison trois mois.

Le choc est rude pour la mère et le fils, d’autant que même à la sortie de prison le père refuse de parler. La seule chose est dite ; il lui faudra rembourser les sommes indument extorquées.

Un jour, le père propose de partir une semaine n vacances dans les Cévennes, sur les pas de sa propre enfance. Peu à peu, Ludovic connaitra l’histoire de l’enfant qui fut son père et qui a rejoint celle de la grande Histoire.

Leur périple traverse les paysages rudes et magnifiques des Cévennes, ceux de la montagne, ceux des rivières aux eaux courantes. Puis à la fin du parcours ils s’arrêtent à la mine témoin d’Alès.

L’histoire du père peut sembler quelque peu invraisemblable mais l’écriture s’impose et les paysages sont magnifiquement décrits. Il ya beaucoup de retenue dans cette confrontation du père et du fils, d’autant que la mère reste présente malgré son absence.

Sans aucun doute un bon roman qui peut ouvrir au débet sur l’engagement, la compromission, les liens familiaux et la faute morale.

A recommander dès 10 ans

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23 novembre 2015

Jeanne cherche Jeanne

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Jeanne cherche Jeanne, Martine Delerm – Gallimard jeunesse Folio Junior

Jeanne, la narratrice, vit dans une institution proche de Rouen. Jeanne a été retrouvée quatre ans plutôt à Paris, sur un trottoir près d’un square. ; Celui qui a alerté l’hôpital a dû rester dans l’anonymat, n’étant pas de la famille<. A sa sortie du coma qui dura de longs mois elle ne se souvint plus de rien. Elle s’appelle Jeanne. C’était écrit sur sa trousse tombée de son sac d’écolière.

Face au vide des souvenirs, Jeanne porte une angoisse qui la déborde. Elle ressent fortement le manque de quelque chose d’elle-même. Elle vit mal son amnésie et se pose éternellement les mêmes questions : Qui est-elle ? Quelle est sa famille. Où est-elle ? Pourquoi personne ne l’a recherchée ? Et jeanne reste fragile, irritable, poursuivie par une même interrogation lancinante : Qui suis-je ?

Et, dans la monotonie des jours Jeanne semble s’étioler. Parfois une image, un rêve lui tendent un miroir, quelque chose de palpable mais auxquels elle ne peut s’accrocher.

Elle trouve, cependant, un apaisement dans l’écriture et le dessin.

Elle noue aussi des amitiés et même rencontre Théo qui décide d’aller  vivre à Paris.

Sa nouvelle amie de l’internat, Luce, l’invite justement à partager les vacances à Paris. Jeanne y mènera un enquête : d’abord à l’hôpital. Puis elle rencontre Charles Meyer qui l’avait trouvée le jour de l’accident. Une merveilleuse affection va lier le vieil homme et la jeune fille, bousculés par leur histoire personnelle.

Finalement elle trouvera une réponse à son passé et pourra commencer à se construire.

Un beau texte sur la mémoire et l’oubli. Une narration fluide qui décrit, aussi, les lieux comme trace du difficile cheminement mais aussi comme réconciliation avec le monde. Le récit ne tombe jamais dans le pathétique destructeur car Jeanne est, malgré tout, une jeune fille déterminée.

Le récit se développe en chapitres courts ce qui donne une respiration efficace pour aborder un sujet très particulier.

A recommander dès 12 ans

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22 novembre 2015

J’aimerais te dire

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J’aimerais te dire, Bernard Friot – De La Martinière

Bernard Friot, une fois de plus nous enchante.

Les courts poèmes sont servis par des illustrations d’un groupe de graphistes dont le talent reste en totale adéquation avec les poésies. La mise en page est soignée mais vivante, la typographie joue sa partition.

Un livre de poèmes délicats, sensibles, pleins de vie, étrangers à tout formalisme et qui exprime la vie, ses bruissements, ses joies,  ses tristesses, ses colères, ses angoisses.

Dans les jeux du langage la musique s’exprime avec un naturel émouvant.

Un beau recueil pour dire les mots, les chanter, les crier, les murmurer.

Vraiment très beau.

Pour tous à partir de 6 ans

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16 novembre 2015

Tous nos jours parfaits

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Tous nos jours parfaits, Jennifer Niven, traduit de l’américain par Vanessa Rubio-Barreau – Gallimard

Lorsque Théo Finch monta sur le toit du clocher du lycée, il pensait simplement s’envoler et quitter ce monde  où il vivait mal. Mais, soudain, il aperçut Violet Markley prête à sauter mais tétanisée lorsqu’elle se trouve au bord du gouffre. Théo la guida à distance pour l’aider à éviter la chute mortelle. Cette scène inaugurale  place le sujet de manière particulièrement forte.

On apprend, par la suite,  que Violet se sent coupable de la mort d’Éléonore,  sa sœur, morte accidentellement.  Son traumatisme est profond, malgré l’affection  attentive de ses parents.

Théo est un garçon perturbé, mal aimé, imprévisible, haï par son père.  Des pensées suicidaires sont toujours présentes.

Entre les deux adolescents une amitié très forte va naître qui fera place très naturellement à l’éclosion du sentiment amoureux qu’il vivront intensément.

Violet est une jeune fille pleine de charme, d’intelligence et de vivacité. Quant à Théo, il reste un garçon étranges, solitaire mais inventif, aimant les mots et la musique. Sa beauté, sa vision poétique du monde, son charme si personnel  le rendent totalement fascinant aux yeux de Violet.

Ils vont vivre pendant des semaines des moments magiques, mais, alors que Violet, grâce à Théo reprend goût à la vie, Théo pense en plus à la mort.

Difficile de rendre compte de ce roman bouleversant, si vrai, si fin, si juste. UN roman à deux voix où chacun exprime ses doutes, ses colères, ses peurs, ses sentiments et où chacun part inexorablement vers son destin et c’est dit magnifiquement.

 A recommander à partir de 13 ans

04 juillet 2015

L’étonnante disparition de mon cousin Salim

 

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L’étonnante disparition de mon cousin Salim, Siobhan Dowd, traduit de l’anglais par Catherine Gibert – Gallimard jeunesse

Voilà un récit très agréable qui devrait rencontrer un succès mérité.

Salim et sa mère doivent partir pour New York. Les parents ont séparés et le père reste à Manchester. Avant de quitter l’Angleterre, Ted et sa mère font une halte chez les cousins de Salim, Kat et Ted. Ils projettent de monter la grande roue de Londres d’où on peut admirer la ville. Salim monte sur une nacelle ne redescend pas. Que s’est-il passé ?

La famille affolée fait appel à la police. Quant aux cousins Ted et Kat  ils décident de mener leur propre enquête. Le tandem fonctionne à merveille. Ted a un fonctionnement très spécial : autant le langage du corps lui est étranger, autant sa puissance de raisonnement est prodigieuse. Quant à Kat, c’est une énergique indomptable

Inutile de dire allons de surprise en surprise jusqu’au dénouement final où Samir est retrouvé grâce à l’esprit déductif de Ted.

Un suspens savoureusement écrit. Les personnages campés sont particulièrement attachants. Les relations familiales sont décrites de manière fine et non dénuées d’humour. L’approche de la différence, celle de Ted en particulier, est traitée avec délicatesse.

Un excellent roman aux multiples facettes, vivant, drôle et dynamique.  Un regard plein d’empathie pour les personnages, adultes et enfants.

A recommander dès 10 ans

26 juin 2015

Haro sur l'intello

 

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 HARO SUR L'INTELLO,  Waldeck MoreauU - édition Du Fil à Retordre

Waldeck Moreau, ce jeune auteur de romans noirs, nous offre, ici, un court récit qui impose, à nouveau, sa musique personnelle : fluidité de l’écriture, un regard lucide sur les dérives d’une jeunesse immature et sur la solitude victimaire du héros.

Théo, un jeune adolescent introverti vient, une nouvelle fois, de déménager et il connaît d’avance  le scénario qui va se dérouler : à l’appel de son nom, toute la classe va s’esclaffer. Il se nomme  Théo Têtard. Ce qu’il ignore c’est que, cette fois-ci, un terrible engrenage va se mettre en place, à la limite du supportable. De surcroit, Théo est un excellent élève, de quoi attiser les humiliations et le harcèlement qui seront froidement mis en place. Sylvain, sera aux commandes d’une petite bande qu’il mettra sous sa coupe féroce et glacée.

Un récit terrible, sans concession, et, si le « happy end » de la fin permettra à Théo de renouer avec la vie, son vécu laisse au lecteur un goût amer

Waldeck Moreau connaît parfaitement la partition de ces univers sociaux atones où la jeunesse est plongée, sans ancrage réel, et qui vit dans une fiction portée par internet, vidéos et autres facebook.

Un beau récit au style convainquant. Un auteur à suivre.

Niurka Règle

A recommander pour adolescents et jeunes adultes

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