Parolimage DaDo, lectures pour Adolescents

15 mai 2012

Catfish, une histoire de combat et de liberté


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Catfish, Maurice Pommier, Gallimard Jeunesse

Une fiction documentaire remarquable par la qualité de l’écriture et la qualité des illustrations. Tout ici est marqué par le réalisme des illustrations et la retenue d’une narration qui puise dans l’atroce vécu du trafic d’esclaves avant son abolition.

Catfish est le prénom du héros devenu homme libre. Il était né Batiste sur son île, puis, fut nommé Scipio sur la plantation Purlin.

Ces trois prénoms rythme la vie de ce jeune noir au destin à la fois terrible, coupé de son île, de sa famille, vendu comme esclave en Amérique du Nord.  Il fit aussi de belles rencontres, celle du vieux Georges, de Cédric, celle de Jonas l’homme blanc. Soumis au travail forcé à la mort de son père. Tonnelier de son métier, il forme le jeune noir au métier et lui apprend à lire, chose interdite dans les plantations.

Difficile de donner plus de détails. On suit avec beaucoup d’intérêt cette histoire individuelle qui se fond dans l’histoire collective de la traite négrière.

Basé sur une histoire vécue, très documentée et magnifiquement illustrée, cet ouvrage évite l’écureuil de la victimisation car les personnages gardent une énergie qui leur permet, non seulement de survivre, mais de s’affranchir de la peur.

Un récit qui ne peut que s’ouvrir à un large public. Les jeunes, en particulier,  découvriront dans l’authenticité du propos une page douloureuse de notre histoire.

A recommander pour tous dès 10 ans

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08 mai 2012

Zombies Panic

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Zombies Panic, Kirsty Mackay – Seuil

Ce n’est pas le genre de roman vers lequel je me porte naturellement. Mais, je dois avouer que ce récit est passionnant et se lit d’une seule traite avec un réel plaisir.

Nous sommes en Angleterre. Un groupe de lycéens rentrent d’un séjour au ski avant la rentrée des classes.

A l’arrêt pour le déjeuner, Roberta, dite Bobby,  décide de rester dans le car. Elle boude car elle n’apprécie ni le voyage, ni la compagnie de ses camarades. Smitty, un garçon turbulent et rebelle voudrait, lui, rejoindre le groupe mais, c’est Mr Taylor qui lui intime l’ordre de rester dans le car.

Une étrange silhouette en forme de carotte est postée à l’entrée du restaurant. Quelque temps plus tard, Alice Hicks complètement affolée fait irruption et veut rentrer : « Morts, dit-elle, ils sont tous morts ». En effet, les camardes sont morts mais vont se transformer en zombies !

A partir de là, le roman s’accélère et un combat terrible s’organise contre la foule des morts vivants, victimes de la distribution à titre promotionnel d’un certain jus de carotte.

Un chauffeur contaminé, une voiture qui percute le car…il faut fuir, une horde à leurs trousses. L’arrivée dans un château est un nouveau danger.

Ecriture fluide, rythme haletant, rebondissements tout confère au livre son intérêt. Les figures archétypales des adolescents, sont totalement attachantes et les relations qui se nouent entre eux au fil des événements tissent finalement des liens d’amitié autour des solidarités nécessaires. pour la survie de chacun.

Sinon très original, beaucoup de qualités narratives dans ce roman, non dénué d’humour et  au traitement rythmique très efficace.

A recommander pour tous dès 13 ans


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21 avril 2012

L’encrier maudit

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L’encrier maudit, Pascale Maret, Oskar éditions

Un récit qui ne manquera pas de séduire car le sujet est traité de manière très dynamique et réserve cette part d’intrigue propre à stimuler l’intérêt du lecteur.

Une classe de 5ème arrive à destination au château de Chamfleury. La classe verte démarre sur des chapeaux de roue car un jeu de piste est immédiatement organisé. Thomas, Jules et Killian forment une équipe, non vraiment formée par affinité.  Killian a mauvais caractère, Jules est un raisonneur et adore les livres, quant à Thomas c’est un garçon amical. Killian refuse de résoudre le sudoku qui leur permettrait d’avancer dans le jeu et fonce vers la partie privée du château, les appartements d’une vielle femme, à moitié folle, vivant dans un hospice, à ce que l’on dit. Les deux autres l’ont suivi. Pénétrant dans un vieux cagibi, ils découvrent un mystérieux message :

"Pour échapper aux ennuis du présent

Pour libérer de sa cage une enfant

Pour retrouver les merveilles d'antan

Prenez la plume et signez hardiment..."

Justement, il y a là une bouteille d'encre et un vieux porte-plume. Ils signent, et, à la dernière lettre tracée, ils sont brutalement transportés en 1961 ! Autre temps, autre monde : dortoirs sinistres, repas insipides, une seule douche par semaine, pédagogie rigide avec punitions à l’appui. C’est aussi l’époque de la guerre d’Algérie. Inutile de dire que Thomas, un enfant à la peau noire subit les quolibets des pensionnaires si ce n’est une réelle adversité Chaque enfant a son histoire mais les parents leur manquent. Comment faire pour retourner à leur époque et déjouer le sortilège ?

C’est là que le récit déroule son intrigue sous forme d’une chasse au trésor qui seule pourra les délivrer. Les ressorts du récit d’aventure sont alors conviés : la peur, la violence,  les rebondissements, la présence de la belle Isabelle prisonnière dans le château et otage du funeste directeur du pensionnat qui veut s’accaparer de la fortune de la pauvre enfant…           

En introduisant les thèmes d’amitié et de solidarité, l’auteure donne au récit une saveur particulière car traité avec humour et finesse. De même, les rapports enfants adultes sont évoqués de manière subtile.

Un véritable plaisir de lecture à recommander dès 10 ans.

 

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09 avril 2012

Black-Out

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Black-Out, Sam Mills – Naïve

Le récit de Sam Mills revisite le roman d’Orwell, 1984, à la lumière de l’époque contemporaine dans une fiction qui active la lutte contre le terrorisme dans une perspective totalitaire qui promeut l’obéissance aux lois sans cesse promulguées.

Le récit se situe dans une Angleterre, après les attentats de 2005, et pose le problème du terrorisme, des libertés et, finalement, du totalitarisme.

La scène inaugurale voit le jeune Stefan tuer une libraire. Du moins il en est persuadé. Mais, pourquoi ce geste ?

Les lois du pays instaurent une surveillance de tout instant des citoyens. Toute la panoplie des coercitions  sont mises en œuvre : moyens humains, technologiques, pressions psychologique. Nombre de livres sont interdits  ou réécrits, entreprise généralisée de décervelage dans les écoles, dans les médias. Et, la chasse aux terroristes est ouverte.

Pour ne pas oublier notre patrimoine littéraire, une organisation secrète s’est organisée, « Les mots ».  Ses membres rééditent des livres qui se vendent sous le manteau et éditent des œuvres nouvelles. Ils risquent leur vie. On pense à Farenheit 451 de Bradburry.

Or, le père de Stefan, libraire de son état, sans cesse tracassé par les équipes de censeurs, fait partie de l’organisation. Pire encore, il va accueillir clandestinement Omar, échappé de justesse à la lapidation.

Mais Stefan est déjà bien formaté. Il est prêt à dénoncer son père et ses amis.

Dans le déroulement du récit aux rebondissements multiples, on suit avec intérêt non seulement l’aventure initiatique du jeune Stefan, mais on s’intéresse aussi  autour de la question posée : comment organiser la résistance ? De manière pacifique ? De manière violente ?

Mais le roman porte surtout sur l’importance du patrimoine littéraire comme subversion au totalitarisme.

Roman initiatique, roman familial, roman d’anticipation, c’est la convergence des genres qui font de Black-Out sa belle singularité et sa force.

A recommander vivement dès 13 ans

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30 mars 2012

Déclaration d'anniversaire

 

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Déclaration d'anniversaire, Eléonore Cannone, Océans Ados

Un récit sur la tolérance et, précisément sur l'homoparentalité. Son grand mérite est de porter le sujet avec un naturel, une évidence très naturelle. Voici les protagonistes du livre :

Aurélien le fils

Juliette, la mère « biologique »

Bénédicte, l'autre mère au caractère bien trempé

Teddy, frère de Bénédicte, et donc, l'oncle d'Aurélien,

Cindy, la nouvelle amie de Teddy

Milfred, le chat qui ne dit rien mais qui n'en pense pas moins.

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Aurélien. 17 ans ! Cela se fête, jour sacré, et, comme chaque année, on reste chez soi. On ne va pas travailler.

Juliette qui a des mains de fée prépare le repas, Bénédicte est en quête du cadeau, Aurélien paresse au lit.

Chaque personnage s'exprime dans un court chapitre, livrant des parts de leur vie, leurs réflexions. Ces points de vue croisés s'agencent marqués par une sincérité de ton très convaincante. Et, la journée se conclut à table où toute la famille se retrouve autour du repas.

Sauf que, sauf que, Aurélien a une déclaration à faire. Lorsqu'il tape sur son verre, un lourd silence se fait entendre. La déclaration place les mères dans un total désarroi...

Un roman à la belle écriture, subtil, vivant, très agréable.

Et, on songe à quel point cette famille heureuse, non dénuée d'aspérités, est un modèle de réussite familiale. Un regard sur l'homoparentalité très finement mené.

A recommander à partir de 13 ans

 

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25 mars 2012

En passant

 

 

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En passant, Raymond Queneau, Folio  Junior Gallimard

Nous sommes à Paris et les deux scènes se situent dans le métro.

Deux couples en désamour n’on plus rien à se dire ni même à vivre ensemble. Le désarroi est grand, surtout pour Irène dans la première scène et pour Etienne dans la seconde. Ils n’ont pas renoncé et rêvent, encore, d’une nouvelle rencontre. Un passant, une passante cristallisent leur rêve, de voyage, d’un possible ailleurs. Alors qu’un mendiant et une mendiante assistent désabusés au face à face illusoire des protagonistes :

« Le passant : Les nuits viendront, alors les nègres musiciens taperons sur leurs calebasses et souffleront dans leurs cuivres jusqu'à ce qu'enfin le jour sorte à l'horizon en hissant hors des ténèbres sa grosse chaude boule rouge lumineuse.

Irène : Nous arriverons dans ces pays où nous n'aurions jamais espéré vivre avec leurs villes plus larges que des Paris, leurs avenues plus palmées que la procession du jour des rameaux, leurs métros en or fin et leurs taxis d'argent. »

Le jeu des symétries est plein d’humour et non dénué d’émotion. Et, lorsque la sonnerie du métro se fait entendre, s’en est  fini des rêves, chacun retourne dans sa vie morne et sans éclat car passant et passante n’ont fait que passer.

Queneau s’amuse mais les dialogues amoureux font vibrer une note sensible. Les effets de surprise renvoient à la peur de l’indifférence et de l’amour émoussé.  Mais, nous sommes loin du drame. Il y a, ici, une légèreté vaporeuse qui fait que l’on sourit emportés que nous sommes par les personnages intemporels et pathétiques.

Une langue virevoltante, un texte savoureux, spirituel et poétique.

Ceux qui s’essaieront à dire le texte, voire à l’interpréter y trouveront à coup sûr un énorme plaisir

Ce choix, dans une collection destinée à la jeunesse,  est une réussite éditoriale.

A recommander dès 13 ans

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05 mars 2012

Je m’appelle Mina et j’adore la nuit

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Je m’appelle Mina et j’adore la nuit. Tout semble possible la nuit quand le reste du monde est endormi, David Almond, Gallimard

Un véritable bijou de lecture que ce livre qui est, justement, une réflexion sur l’écriture  portée par l ‘enfant écrivant qui est le personnage central du livre avec sa fantaisie, ses fulgurances poétiques, ses audaces de pensées, sa manière si personnelle de se dire et de dire le monde tel qu’elle le perçoit.

Mina va noircir sa première page blanche, puis, elle poursuivra son journal sous la lumière de la lune ou bien perchée dans son arbre, dans l’intimité de ses réflexions foisonnantes.

Aux yeux des enfants, elle apparaît un peu folle, un peu sorcière, un peu barjo, un peu dingo. Qu’importe ! Elle écrit. Sans plan, sans rien prévoir de ce qui va s’écrire sous sa plume. Mina aime les mots, elle les mâche, elle les détourne.

Et, cela donne un récit où s’exprime les interrogations de l’enfance sur la vie, la mort, Dieu, le monde, la beauté, le bonheur.

Et puis, il y a la merveilleuse complicité avec sa mère. Mina est orpheline de son père qui lui manque. Pour l’heure, elle ne fréquente plus l’ école et sa mère assure sa scolarité. Lentement, Mina, pressent que l’ouverture aux autres lui sera nécessaire mais les choses viendront sans les brusquer avec la complicité d’une mère attentive.

L'hommage aux auteurs emblématiques de la littéraure jeunesse est un passage particulièrement beau et émouvant :

« Je suis allée dans ma chambre, et j’ai feuilleté les livres sur mon étagère. J’en ai sorti trois, trois des albums les plus extraordinaires du monde. Max et les maximonstres de Maurice Sendak, La chasse à l’ours de Michael Rosen et Dogger de Shirley Hugues. Je me suis allongée sur mon lit et je les ai lus, j’ai regardé leurs images exactement comme quand j’étais petite. J’ai dansé la danse des maximonstres avec Max, je me suis risquée dans la caverne de l’ours avec toute la famille, je me suis vraiment triste pour Dave qui avait perdu son jouet, Dogger, puis vraiment heureuse pour lui quand il l’a retrouvé.

Je les ai relus une deuxième fois, et je suis devenue songeuse, je me suis souvenue de papa, de la façon dont il me lisait ces livres juste avant que je m’endorme. Je n’ai pas d’image de lui très forte. J’ai l’impression de l’entendre à moitié, de le voir à moitié, comme si c’était le personnage d’un rêve qu’on a d’autant  plus de mal à se rappeler qu’on essaie de le faire. Quand je lis les mots de ces livres, il me semble entendre à moitié le son de sa voix qui me les lisait » 

Quant au style il est absolument délicieux, vif, enjoué, mais jamais dénué d‘une réflexion à la hauteur de l’enfance, souvent teintée de remarques philosophiques.

De plus, le soin apporté à la typographie  qui rythme le texte participe au plaisir de la lecture.

C’est un récit vraiment hors du commun, plein de fraicheur. Il y a quelque chose d’Alice  rapporté au quotidien de cette petite fille, la même critique du conformisme social et langagier. On imagine le plaisir partagé à la lecture d’un tel livre, en famille, entre amis. Mais, seul, face à la beauté du texte, on ne pourra que rêvasser, une fois le livre fermé, puis, l ‘ouvrir à nouveau pour en déguster des passages.

A recommander pour tous à partir de 10 ans

 

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26 février 2012

Sur les traces de Walipo

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Sur les traces de Walipo, Yves-Marie Clément –Seuil

Voici un livre qui ne manquera pas de séduire, tant par la qualité se sa narration que par l’histoire qui nous est contée.

Nous sommes en 1812. Le père de Gabriel vient de mourir et pour éponger ses dettes envers un créancier mais aussi pour assurer un avenir à son fils, il le  confie au capitaine Alcobar. Ce dernier remet le jeune garçon à un groupe d’homme en partance pour Caracas. Il faudra traverser l’Océan. Deux missions leur sont confiées : d’une part, trouver de l’or, et, d’autre part mater la rébellion des hommes de Bolivar luttant pour la liberté et l’indépendance de leur pays.

Au début le jeune garçon est tout ouïe et ne pense qu’à en découdre avec les sauvages et les rebelles. Cependant, son amitié avec le géologue Montezuelo et surtout sa rencontre avec Walipo, la belle indienne, infléchit sa pensée, d’autant que les autres comparses montrent rapidement leur facette la plus noire.

Et c’est dans ce contexte que le récit se déroule dans la belle tradition du récit d’aventures : découverte d’un monde nouveau l’expérience de la mort et de la violence, rencontre avec une nature à la fois généreuse mais aussi inquiétante, et enfin, la rencontre de l’amour.

Au bout du voyage, Gabriel passe de l’adolescence à l’âge adulte, et, finalement, choisit de vivre avec Walipo dans le village des « Grandes Oreilles », ceux qui savent entendre de loin .

Les courts chapitres sont servis par une écriture alerte. Le cheminement psychologique du jeune garçon, son approche des réalités du pays et de la connaissance des hommes portent de manière efficace le récit foisonnant et sobre tout à la fois. La part d’exotisme très présent à travers la faune et la flore du pays traversé, la traversés des eaux tumultueuses ajoutent à l’attrait général du récit. Et, de manière subtile l’approche écologique traverse le récit sans lourdeur démonstrative.

C’est une réussite éditoriale.

A recommander dès 12 ans

 

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23 février 2012

Douze heures avant

 

 

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Douze heures avant, Gabriella Ambrosio – Gallimard, Scripto

Un récit kaléidoscope où les personnages se télescopent dans une tension qui met à mal à degré divers le bonheur d’être dans le contexte tragique d’Israël et de la Palestine.

Nous sommes à Jérusalem. Dima, la jeune palestinienne pense à Faris auquel elle s’est promise. Depuis le couvre-feu, elle ne peut plus le voir. Un matin, elle quitte l’école et rejoint un fourgon rouge.

Myriam, une jeune israélienne, maudit le jour où Michaël a perdu la vie suite à un attentat suicide. Ce même jour, elle monte sur la colline pour surplomber la ville, comme elle aime à le faire depuis la mort de son ami.

Ce même jour, Dima, un sac à l’épaule, se place sur les pas de Myriam qui se rend au super marché.  Elles passent la porte sans encombre. Quelques instants plus tard, une bruit fracassant. Les deux jeunes filles explosent.

Ce récit magistral, ne se réduit pas, cependant, au destin croisé de Dima et de Myriam. Toute une galerie de personnages, juifs ou arabes révèle avec une justesse étonnante une sorte d’état dépressif général qui se mue tantôt en colère, tantôt es résignation, tantôt en révolte d’où la violence n’est pas exclue.

Ce puzzle tragique est narré d’une plume magnifique. Aucune facilité, pas de compromis, ni discours moralisateur, seulement un respect du personnage pour comprendre sans justifier.

Un œuvre à recommander vivement dès 13 ans

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01 février 2012

L’Algérie ou la mort des autres

 

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L’Algérie ou la mort des autres, Virginie Buisson – Gallimard Scripto

C’est un livre témoignage dont l’authenticité rend palpable le drame qui se joue dans cette Algérie en plein conflit. Nous sommes en 1954 et ce n’est pas encore la fin de la guerre. La jeune narratrice vient rejoindre,  avec sa mère et ses deux frères, son père à Bir-Rabalou.

Venue tout droit  de Lorraine, le dépaysement est total. Les paysages traversés la ville où se situe la garnison et où  les clivages sociaux sont immédiatement perceptibles à la toute jeune fille, tout la plonge dans une sorte d’impatience. Car elle aime la vie et va tout naturellement à la rencontre des gens des gourbis, comme elle se plaît à fréquenter les soldats de la garnison, ce qui bien entendu, lui donne mauvaise réputation.

Et puis, il y a les morts, les massacres, la torture.

Lorsque le père est muté dans la garnison d’Aïn Taya, c’est l’émerveillement

 : La  ville,  ses rues, ses cafés, ses magasins. Les jeunes filles ont de jolies robes. Et puis il y a la mer et Jacques.

Cependant la guerre rattrape cette petite ville où il fait si bon vivre. Alors, chacun se terre à nouveau. L’OAS marque la vie de sa présence. Les gens ont peur. On pense à partir

Et, quand l’adolescente veut revoir Jacques, elle prend le car pour Alger. Je jeune homme l’admoneste et la raccompagne à la station du car. Trop tard, Jacques est la cible d’un tireur.

Au cours des mois, la narratrice passe de l’enfance à l’adolescence dans une accélération du temps en rapport de ce qui est vécu et de ce que vivent les personnages en terre algérienne.

Le récit autobiographique est, ici, servi par une écriture magnifique : une simplicité travaillée, des fulgurances poétiques et une approche subtile des pensées les plus intimes, souvent suggérées de cette Adolescente à la personnalité affirmée et sensible.

A recommander dès 13 ans

 

 

 

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